chap 2
Les larmes coulaient doucement sur les joues d'Uruha. Assis sur le carrelage de sa salle de bain il fixait la porte comme dans l'espoir que quelqu'un l'ouvrirait à temps pour le sauver de tout ça.
Mais la porte resta close et à la place il sentit le froid et une douleur dans la cheville. La lame traçait une fine entaille dans sa peau laissant apparaître un filet de sang.
Il laissa aller sa tête en arrière pour l'appuyer contre le mur.
Il ferma les yeux faisant couler deux nouvelles larmes. Le sang coulait doucement sur sa cheville, la chaleur et la douleur apaisant Uruha.
Plus le sang coulait plus il se sentait partir, le laissant dans cet état second qu'il aimait tant. Celui qui lui faisait tout oublier, toute cette merde, toutes ces souffrances.
Pourquoi s'entailler que la cheville, pourquoi pas carrément se couper les veines se demanda Uruha
Il serra la lame dans sa main et la porta doucement à son poignet. Il plaça minutieusement la lame à la verticale sur une veine qui apparaissait sur son poignet.
Il appuya doucement la lame sur son poignet, avant d'enfoncer la pointe, tout doucement, laissant une perle de sang apparaître sur la lame. Uruha sourit comme si cette simple goutte de sang était le signe d'une libération prochaine. Il voulu appuyer plus fort mais sa main se bloqua. La lame tremblait dans sa main avant qu'il ne la jette à travers la salle de bain.
De violent sanglots le prirent à la gorge l'obligeant à replier ses jambes contre son torse pour contrôler ses tremblements. Il resta là un long moment à pleurer.
Il se releva enfin, difficilement, attrapa des mouchoirs et commença à éponger le sang sur sa cheville. Il posa enfin ses mains sur les bords du lavabo et fixa son visage ravagé par le chagrin et la douleur.
- Comment t'as pu essayer de faire ça? Comment t'as pu imaginer une seule seconde laisser Ruki tout seul. T'es vraiment égoïste.
Uruha se regarda avec pitié, il se dégoûtait lui même d'être aussi lâche. Peu importe ses souffrances il n'abandonnera jamais Ruki. Même si
il lui donnait par moment vraiment envi d'en finir avec la vie.
Rien que de penser à lui énervait Uruha qui resserra ses poings et trembla violemment de colère.
La rage l'aveuglait jusqu'à qu'il frappe violemment le miroir qui se brisa sous son poings, déclenchant une violente douleur dans sa main qui se mit à saigner abondamment.
- Non non non non se mit à répéter Uruha avant d'attraper une serviette pour enrouler sa main dedans
non non non je dois voir Ruki non non.
Uruha se maudit intérieurement d'avoir céder à sa colère. Il passa sa main sous l'eau en grimaçant et regarda l'entaille. Elle semblait peu profonde ce qui rassura Uruha. Il vérifia juste que tout ses doigts étaient intacte pour jouer de la guitare, puis mit un gros pansement sur le coté de sa main blessée et jeta la serviette pleine de sang dans la machine à laver.
Il lança un regard au mur ou se trouvait le miroir et se dit que de toute façon les 7 ans de malheur était deja prévu et sortit de la salle de bain.
Il se dirigea vers le canapé et se posa essayant de se calmer et d'oublier la douleur dans sa main qui était de plus en plus forte.
Il céda enfin et se leva pour aller chercher des médicaments et de l'eau. Une fois dans la cuisine Uruha posa le verre frais sur son front brûlant pour se rafraîchir. Il mourrait de chaud alors qu'il était prit de sueurs froides. Il devait absolument se calmer avant que Ruki arrive, il ne voulait surtout pas l'inquiéter.
Il repensa alors à cette après midi avec Aoi il y a quelque temps.
serai tu prêt à tuer l'un de tes amis pour survivre?Comment avait il pu dire une chose pareil à Aoi. Il allait s'imaginer des trucs c'était obligé. Uruha connaissait bien Aoi pour savoir qu'il s'inquiéterait pour lui à coup sur jusqu'à qu'il sache la vérité. Mais la vérité Uruha voulait que personne la devine ou l'apprenne un jour. Il mourait avec son secret.
Il fallait qu'il parle à Aoi au plus vite pour lui dire que tout ça c'était des conneries, qu'il avait pas du tout envi de tuer quelqu'un que tout allait bien, qu'il déconnait juste pour voir sa réaction, ou une connerie dans le genre.
Ouais tout allait bien et il ferait tout pour que tout le monde le pense le plus longtemps possible, après tout peut être que ce n'est qu'une passade qu'
il va changer.
Uruha soupira face à sa naïveté, nan il ne changera pas, il en était persuadé.
Uruha sursauta au bruit de porte avant de se dépêcher d'ouvrir.
- Coucou lança gaiement Ruki quand Uruha ouvrit la porte
Uruha s'effaça pour le laisser passer, avant de s'approcher pour l'enlacer longuement.
Au moins là il savait que pendant quelques heures il ne souffrirait pas.